Loi de finances 2025 : ce qui change pour les BSPCE, management packages et AGA

Scission du gain BSPCE, régime des management packages, contribution patronale AGA à 30 % : ce que les textes de 2025 ont changé.

Loi de finances 2025 : ce qui change pour les BSPCE, management packages et AGA

En bref

  • La loi de finances pour 2025 a scindé le gain des BSPCE en deux parts imposées différemment et fermé l'accès au PEA et aux plans d'épargne salariale.
  • Elle a créé à l'article 163 bis H du CGI un régime propre aux management packages : imposition en salaire par principe, en plus-value dans la limite de trois fois la performance financière de la société.
  • La loi de financement de la sécurité sociale pour 2025 a porté la contribution patronale sur les actions gratuites de 20 % à 30 %.
  • Chaque mesure a sa propre date d'effet, et la loi de finances pour 2026 a depuis ajusté plusieurs de ces règles.

Deux textes votés début 2025 ont profondément modifié la fiscalité de l'actionnariat des salariés et des dirigeants : la loi n° 2025-127 du 14 février 2025 de finances pour 2025 et la loi n° 2025-199 du 28 février 2025 de financement de la sécurité sociale pour 2025. Ils touchent les BSPCE, les management packages et les actions gratuites.

Cet article recense ces changements, leurs dates d'effet et leurs conséquences pour les entreprises et les bénéficiaires.

Quelles mesures et à partir de quand ?

Mesure Texte Date d'effet
Scission du gain des BSPCE Loi de finances 2025, art. 92 Titres souscrits à compter du 1er janvier 2025
Interdiction des BSPCE en PEA et plans d'épargne salariale Loi de finances 2025, art. 92 Bons attribués ou exercés à compter du 10 octobre 2024
Régime des management packages (art. 163 bis H du CGI) Loi de finances 2025, art. 93 Cessions réalisées à compter du 15 février 2025
Contribution patronale sur les AGA portée à 30 % LFSS 2025, art. 19 Actions acquises à compter du 1er mars 2025

Qu'est-ce qui a changé pour les BSPCE ?

L'article 92 de la loi de finances pour 2025 a remanié l'article 163 bis G du CGI sur trois points :

  • La scission du gain. Le gain d'exercice, égal à la valeur des titres au jour de l'exercice diminuée du prix d'exercice, reste imposé à 12,8 %, ou à 30 % si le bénéficiaire exerce son activité dans la société depuis moins de trois ans. Le gain de cession, égal au prix de revente diminué de la valeur au jour de l'exercice, relève désormais du régime des plus-values mobilières.
  • La fermeture du PEA et des plans d'épargne salariale pour les bons et les titres issus de leur exercice.
  • L'imposition immédiate du gain d'exercice en cas d'apport des titres à une société soumise à l'impôt sur les sociétés ou de donation.

Le fait générateur de l'imposition reste la cession des titres : exercer ses bons ne déclenche pas d'impôt. La chronologie complète des réformes, y compris les assouplissements de 2026, est détaillée dans notre article sur la réforme des BSPCE.

Quel régime pour les management packages ?

L'article 93 de la loi de finances pour 2025 a créé l'article 163 bis H du CGI. Il vise les gains nets réalisés par les salariés et dirigeants sur des titres acquis ou souscrits en contrepartie de leurs fonctions, et met fin à l'insécurité née de la jurisprudence, qui requalifiait au cas par cas ces gains en salaires.

Le régime est hybride :

  • Par principe, le gain net est imposé dans la catégorie des traitements et salaires.
  • Par exception, il relève du régime des plus-values mobilières lorsque les titres présentent un risque de perte en capital et ont été détenus au moins deux ans. Cette durée de détention n'est pas exigée pour les titres issus des dispositifs légaux d'actionnariat salarié (actions gratuites, stock-options, BSPCE).
  • Dans une limite égale à trois fois la performance financière de la société : plafond = prix payé × (3 × performance financière) − prix payé, la performance correspondant au rapport entre la valeur réelle de la société à la cession et à l'acquisition. La fraction qui excède ce plafond est imposée comme un salaire.

La fraction imposée comme un salaire échappe aux cotisations sociales de droit commun et à la CSG sur les revenus d'activité, mais supporte une contribution salariale spécifique de 10 %. Pour les titres issus de BSPCE, l'administration a précisé que les gains de cession n'entrent pas par principe dans le champ du dispositif.

Exemple chiffré

Un manager investit 100 000 € dans des titres de sa société, détenus plus de deux ans avec un risque de perte en capital. Entre l'acquisition et la cession, la valeur réelle de la société double (performance de 2). Il revend ses titres 1 600 000 €, soit un gain net de 1 500 000 €. Le plafond s'élève à 100 000 × (3 × 2) − 100 000 = 500 000 € : cette fraction est imposée en plus-value, soit 157 000 € au prélèvement forfaitaire unique de 31,4 %. Les 1 000 000 € restants sont imposés comme un salaire au barème progressif, et supportent 100 000 € de contribution salariale spécifique.

Les ajustements de 2026

La loi de finances pour 2026 a conservé cette architecture mais en a ajusté le fonctionnement : elle a précisé le calcul du plafond et instauré un report d'imposition de la fraction imposée comme un salaire en cas de réinvestissement, pour les titres détenus depuis plus de deux ans. La contribution salariale de 10 %, initialement limitée aux opérations réalisées jusqu'au 31 décembre 2027, a été rendue permanente. La structuration d'un management package est détaillée dans notre guide management package : réussir sa mise en place en LBO.

Qu'est-ce qui a changé pour les actions gratuites ?

Le changement ne vient pas de la loi de finances mais de l'article 19 de la loi de financement de la sécurité sociale pour 2025, qui a porté la contribution patronale sur les actions gratuites de 20 % à 30 %. Ce taux s'applique aux actions acquises à compter du 1er mars 2025, y compris lorsque l'attribution est antérieure.

Le régime fiscal du bénéficiaire n'a pas été modifié par ces textes : la fraction du gain d'acquisition n'excédant pas 300 000 € par an reste imposée au barème progressif après un abattement de 50 %, et la fraction excédentaire comme un salaire avec une contribution salariale de 10 %. Le fonctionnement complet du dispositif figure dans notre guide des actions gratuites.

À retenir

Des plans d'actions gratuites décidés en 2023 ou 2024 supportent la contribution patronale de 30 % si l'acquisition définitive des actions intervient après le 1er mars 2025. Le coût de ces plans doit donc être réévalué.

Quelles conséquences pour le choix d'un dispositif ?

Ces réformes renforcent l'intérêt des BSPCE, seuls à rester exonérés de contribution patronale, pour les sociétés qui y sont éligibles. Elles imposent par ailleurs de documenter la performance financière de la société et la valeur des titres à chaque étape, pour pouvoir appliquer le plafond de l'article 163 bis H. La comparaison détaillée des instruments figure dans notre article BSPCE, AGA ou stock-options : le comparatif.

Questions fréquentes

Les gains de management package sont-ils tous imposés comme des salaires ?

Non. Le principe est l'imposition en salaire, mais la fraction du gain n'excédant pas trois fois la performance financière de la société relève du régime des plus-values, à condition que les titres présentent un risque de perte en capital et, sauf exceptions, aient été détenus au moins deux ans.

Depuis quand s'applique l'article 163 bis H du CGI ?

Il s'applique aux cessions réalisées à compter du 15 février 2025, lendemain de la publication de la loi de finances pour 2025. La loi de finances pour 2026 en a ensuite ajusté certaines modalités.

La loi de finances 2025 a-t-elle modifié l'imposition du gain d'exercice des BSPCE ?

Le taux reste de 12,8 %, ou de 30 % en deçà de trois ans d'activité dans la société. Ce qui change, c'est que seul le gain d'exercice suit ce régime : la plus-value réalisée après l'exercice relève désormais du régime des plus-values mobilières, pour les titres souscrits à compter du 1er janvier 2025.

Quel est le taux de la contribution patronale sur les actions gratuites ?

Il est de 30 % pour les actions acquises à compter du 1er mars 2025, contre 20 % auparavant, en application de l'article 19 de la loi de financement de la sécurité sociale pour 2025.

Qu'est-ce que la contribution salariale spécifique de 10 % ?

C'est la contribution due par le bénéficiaire d'un management package sur la fraction de son gain imposée comme un salaire. En contrepartie, cette fraction échappe aux cotisations sociales de droit commun et à la CSG sur les revenus d'activité. Initialement limitée aux opérations réalisées jusqu'au 31 décembre 2027, elle a été rendue permanente.

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Échanger avec notre équipe

Cet article présente l'état du droit au 8 octobre 2026 à titre d'information générale. Il ne constitue pas un conseil fiscal personnalisé.

Sources

  • Loi n° 2025-127 du 14 février 2025 de finances pour 2025, articles 92 et 93 — Légifrance
  • Loi n° 2025-199 du 28 février 2025 de financement de la sécurité sociale pour 2025, article 19 — Légifrance
  • Code général des impôts, articles 80 quaterdecies, 150-0 A, 163 bis G et 163 bis H — Légifrance
  • Loi de finances pour 2026 — Légifrance
Sophia Chabane
Directrice Juridique et CSM
Directrice juridique et Customer Success Manager chez Uplaw depuis 2019, Sophia accompagne au quotidien les sociétés dans la fiabilisation de leur actionnariat et la tenue de leurs registres légaux. Forte d'une expérience en cabinet et au greffe du Tribunal de commerce de Paris, elle fait le lien entre l'exigence juridique et l'usage concret de la plateforme.

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