BSPCE : définition, conditions d'émission, fonctionnement et fiscalité en 2026
BSPCE : définition, sociétés et bénéficiaires éligibles, prix d'exercice, vesting et fiscalité 2026 du gain d'exercice et de cession.

En bref
- Un BSPCE est un bon gratuit qui permet à un salarié, à certains dirigeants ou aux membres du conseil de souscrire des actions de la société à un prix fixé dès l'attribution.
- Seules les sociétés par actions de moins de 15 ans, soumises à l'IS, non cotées ou capitalisant moins de 150 M€, et détenues à 15 % au moins par des personnes physiques peuvent en émettre (seuil de 25 % pour les bons attribués avant 2026).
- Pour les titres souscrits depuis le 1er janvier 2025, le gain est scindé en deux : un gain d'exercice imposé à 12,8 % (30 % si moins de 3 ans d'activité dans la société) et un gain de cession soumis au régime des plus-values.
- Les deux gains supportent les prélèvements sociaux de 18,6 % en 2026, et sont imposés l'année de la cession des actions.
- Les BSPCE ne supportent ni cotisations sociales, ni contribution patronale, contrairement aux stock-options et, hors exonération de certaines PME et ETI, aux actions gratuites.
Les bons de souscription de parts de créateur d'entreprise (BSPCE) permettent à une jeune société par actions d'associer ses salariés et ses dirigeants à sa création de valeur. Le bénéficiaire reçoit gratuitement des bons qui lui donnent le droit de souscrire, plus tard, des actions à un prix fixé dès l'attribution. Le dispositif est régi par l'article 163 bis G du Code général des impôts, réformé par les lois de finances pour 2025 et pour 2026.
Ce guide présente les sociétés et les bénéficiaires éligibles, le fonctionnement d'un plan, la fiscalité applicable en 2026 avec un exemple chiffré, et la comparaison avec les stock-options et les actions gratuites.
Qu'est-ce qu'un BSPCE ?
Un BSPCE est un bon incessible, attribué gratuitement, qui donne à son titulaire le droit de souscrire des actions de la société émettrice à un prix d'exercice fixé au jour de l'attribution [1]. Tant qu'il n'est pas exercé, le bon n'est pas une action : il ne donne ni droit de vote, ni droit aux dividendes. L'intérêt pour le bénéficiaire tient à l'écart entre ce prix d'exercice et la valeur future des actions.
Pour la société, les BSPCE permettent d'attirer et de fidéliser des profils clés sans décaissement : l'exercice des bons fait au contraire entrer des fonds, puisque le bénéficiaire paie le prix d'exercice. La mise en place opérationnelle d'un plan est détaillée dans notre guide BSPCE pour les entreprises.
Quelles sociétés peuvent émettre des BSPCE ?
L'article 163 bis G du CGI, dans sa version en vigueur depuis le 21 février 2026, pose six conditions cumulatives [1] :
| Condition | Règle en vigueur |
|---|---|
| Forme sociale | Société par actions (SAS, SA, SCA) |
| Impôt | Société passible de l'impôt sur les sociétés en France |
| Âge | Immatriculée au RCS depuis moins de 15 ans |
| Cotation | Non cotée, ou cotée avec une capitalisation boursière inférieure à 150 M€ |
| Détention du capital | 15 % au moins détenus directement et de manière continue par des personnes physiques, ou par des sociétés elles-mêmes détenues à 75 % au moins par des personnes physiques (25 % pour les bons attribués avant le 1er janvier 2026) |
| Origine | Société non créée dans le cadre d'une concentration, d'une restructuration, d'une extension ou d'une reprise d'activités préexistantes, sauf exceptions |
Pour le calcul du seuil de 15 %, certaines participations d'investisseurs, comme celles des fonds communs de placement à risques ou des sociétés de capital-risque, ne sont pas prises en compte, sous conditions [1]. L'abaissement du seuil de 25 % à 15 % résulte de la loi de finances pour 2026 et s'applique aux bons attribués à compter du 1er janvier 2026 [3].
Qui peut recevoir des BSPCE ?
Les bénéficiaires sont limitativement énumérés [1] :
- les salariés de la société émettrice ;
- ses dirigeants soumis au régime fiscal des salariés ;
- les membres de son conseil d'administration, de son conseil de surveillance ou, dans une SAS, de tout organe statutaire équivalent ;
- les mêmes personnes au sein des filiales détenues directement à 75 % au moins du capital ou des droits de vote ;
- depuis 2026, les mêmes personnes au sein des sous-filiales, lorsque le produit des pourcentages de détention atteint au moins 75 %.
Un consultant ou un prestataire indépendant n'en fait pas partie. Les questions propres aux titulaires de bons sont traitées dans notre guide du bénéficiaire de BSPCE.
Comment fonctionne un plan de BSPCE ?
Émission et attribution
L'émission des bons est autorisée par l'assemblée générale extraordinaire, sur le rapport du conseil d'administration ou du directoire et sur le rapport spécial du commissaire aux comptes [1]. L'assemblée fixe le délai pendant lequel les bons pourront être exercés et peut déléguer le choix des bénéficiaires. Les bons doivent alors être émis dans un délai de 18 mois [5], ce qui conduit souvent à constituer un pool d'options attribué au fil des recrutements.
Prix d'exercice
Le prix d'acquisition des actions est fixé définitivement au jour de l'attribution. Si la société a réalisé une augmentation de capital dans les six mois précédents, ce prix ne peut pas être inférieur au prix d'émission retenu, sauf décote justifiée [1]. Les règles de valorisation et les décotes admises par l'administration sont détaillées dans notre article sur la valorisation et la décote des BSPCE.
Vesting, exercice et cession
Le règlement du plan prévoit en pratique un calendrier d'acquisition des droits (vesting), souvent assorti d'un cliff, ainsi que le sort des bons en cas de départ. Ces clauses sont analysées dans notre article sur les clauses d'un plan de BSPCE. Une fois ses droits acquis, le bénéficiaire exerce ses bons en payant le prix d'exercice et devient actionnaire ; l'imposition intervient plus tard, à la cession des actions.
Quelle est la fiscalité des BSPCE en 2026 ?
Pour les titres souscrits en exercice de bons depuis le 1er janvier 2025, la loi de finances pour 2025 a scindé le gain en deux composantes [2] :
| Composante | Calcul | Impôt sur le revenu | Prélèvements sociaux 2026 |
|---|---|---|---|
| Gain d'exercice | Valeur des titres au jour de l'exercice − prix d'exercice | 12,8 %, ou barème des traitements et salaires sur option ; 30 % si moins de 3 ans d'activité dans la société | 18,6 % |
| Gain de cession | Prix de cession − valeur des titres au jour de l'exercice | Régime des plus-values mobilières : 12,8 % ou barème sur option | 18,6 % |
Le gain d'exercice est imposé au titre de l'année de disposition, de cession, de conversion au porteur ou de mise en location des titres, et non l'année de l'exercice [1]. La durée de trois ans s'apprécie à la date de la cession ; depuis 2026, elle tient compte de l'activité exercée au sein des filiales et sous-filiales concernées [1]. Les prélèvements sociaux sont passés de 17,2 % à 18,6 % avec la loi de financement de la sécurité sociale pour 2026 [4] [6].
Exemple fictif
Une salariée exerce 10 000 BSPCE au prix de 2 €, alors que l'action vaut 5 € : elle paie 20 000 € et dégage un gain d'exercice de 30 000 €. Elle cède ensuite ses actions à 9 €, soit un gain de cession de 40 000 €. Avec plus de trois ans d'activité dans la société, le gain d'exercice supporte 3 840 € d'impôt (12,8 %) et 5 580 € de prélèvements sociaux (18,6 %), et le gain de cession 12 560 € au taux global de 31,4 %. Total : 21 980 € sur 70 000 € de gain. Avec moins de trois ans d'activité, l'impôt sur le gain d'exercice passe à 9 000 € (30 %), pour un total de 27 140 €.
Les titres souscrits avant le 1er janvier 2025 restent soumis à l'ancien régime, dans lequel l'ensemble du gain était imposé comme une plus-value, à 12,8 % ou 30 % selon l'ancienneté. Les étapes de la réforme sont présentées dans nos articles sur la réforme des BSPCE et la loi de finances 2025. Pour estimer un gain selon plusieurs hypothèses de sortie, vous pouvez utiliser notre simulateur de plus-value.
BSPCE, stock-options ou actions gratuites : quelles différences ?
| Critère | BSPCE | Stock-options | Actions gratuites |
|---|---|---|---|
| Sociétés concernées | Sociétés par actions remplissant les conditions de l'article 163 bis G | Sociétés par actions | Sociétés par actions |
| Prix payé par le bénéficiaire | Prix d'exercice | Prix d'exercice | Aucun |
| Moment de l'imposition | Année de cession des actions | Année de cession des actions | Année de cession des actions |
| Cotisations sociales et contribution patronale | Aucune | Contribution patronale de 30 % | Contribution patronale de 30 %, sauf exonération des PME et ETI n'ayant jamais distribué de dividendes, dans la limite du plafond annuel de la sécurité sociale par salarié [7] |
Le régime fiscal du bénéficiaire diffère aussi sensiblement d'un instrument à l'autre. Il est comparé en détail dans notre article BSPCE, AGA ou stock-options : lequel choisir.
À retenir avant d'attribuer des BSPCE
- Vérifier les six conditions d'éligibilité à la date de chaque attribution, en particulier le seuil de 15 % de personnes physiques après chaque levée.
- Fixer un prix d'exercice justifié, en tenant compte d'une éventuelle augmentation de capital dans les six mois.
- Encadrer le vesting et le sort des bons en cas de départ dans le règlement du plan.
- Suivre chaque attribution, exercice et caducité dans la table de capitalisation.
FAQ : questions fréquentes sur les BSPCE
Qu'est-ce qu'un BSPCE ?
C'est un bon gratuit et incessible qui permet à un salarié, à certains dirigeants ou aux membres du conseil d'une jeune société par actions de souscrire des actions à un prix fixé dès l'attribution (art. 163 bis G du CGI).
Comment sont imposés les BSPCE en 2026 ?
Pour les titres souscrits depuis 2025, le gain d'exercice est imposé à 12,8 % (30 % si moins de trois ans d'activité dans la société) et le gain de cession selon le régime des plus-values. Les deux supportent 18,6 % de prélèvements sociaux et sont imposés l'année de la cession.
Une société cotée peut-elle émettre des BSPCE ?
Oui, si sa capitalisation boursière est inférieure à 150 millions d'euros et qu'elle remplit les autres conditions. Après un dépassement de ce seuil, elle peut continuer à attribuer des bons pendant trois ans, sous réserve des autres conditions.
Les BSPCE supportent-ils des cotisations sociales ?
Non. Les gains issus de BSPCE ne supportent ni cotisations sociales ni contribution patronale. Ils sont uniquement soumis aux prélèvements sociaux de 18,6 % en 2026.
Un consultant peut-il recevoir des BSPCE ?
Non. Les BSPCE sont réservés aux salariés, aux dirigeants soumis au régime fiscal des salariés et aux membres du conseil ou de l'organe équivalent, de la société et de certaines filiales et sous-filiales.
Conclusion
Les BSPCE restent l'instrument d'intéressement le plus avantageux pour les jeunes sociétés par actions éligibles : aucune charge sociale pour la société, et une imposition différée à la cession pour le bénéficiaire. Depuis 2025, leur fiscalité distingue toutefois le gain d'exercice du gain de cession, et la loi de finances pour 2026 a élargi leur champ. Un plan bien conçu repose sur une éligibilité vérifiée, un prix d'exercice justifié et un suivi précis de chaque bénéficiaire.
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Cet article présente l'état du droit au 26 octobre 2026 à titre d'information générale. Il ne constitue pas un conseil fiscal personnalisé. L'exemple chiffré est fictif.
Sources
- [1] Code général des impôts, article 163 bis G, version en vigueur depuis le 21 février 2026 — https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000051218012
- [2] Loi n° 2025-127 du 14 février 2025 de finances pour 2025, article 92 — Légifrance
- [3] Loi n° 2026-103 du 19 février 2026 de finances pour 2026, article 25 — Légifrance
- [4] Loi n° 2025-1403 du 30 décembre 2025 de financement de la sécurité sociale pour 2026, article 12 — Légifrance
- [5] BOFiP-Impôts, BOI-RSA-ES-20-40-20 (caractéristiques et modalités d'émission des BSPCE) — bofip.impots.gouv.fr
- [6] impots.gouv.fr, « J'ai vendu des BSPCE, comment sont imposés les gains réalisés ? » — https://www.impots.gouv.fr/particulier/questions/jai-vendu-des-bons-de-souscription-de-parts-de-createurs-dentreprise-ou-bspce
- [7] Code de la sécurité sociale, article L.137-13 — https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000051284578
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