Stock-options : fonctionnement, avantages et fiscalité

Fonctionnement, coût employeur, fiscalité du gain de levée : avantages et limites des stock-options pour l'entreprise et le salarié.

Stock-options : fonctionnement, avantages et fiscalité

En bref

  • Une stock-option donne le droit d'acheter ou de souscrire des actions de la société à un prix fixé le jour où l'option est consentie. Le bénéficiaire gagne la différence si la valeur de l'action progresse.
  • Le dispositif est ouvert à toutes les sociétés par actions, cotées ou non, sans les conditions d'âge ou de détention du capital imposées aux BSPCE.
  • L'entreprise supporte une contribution patronale de 30 %, due dès l'attribution des options.
  • Pour les options attribuées depuis le 28 septembre 2012, le gain de levée est imposé comme un salaire, avec 9,7 % de prélèvements sociaux et une contribution salariale de 10 %.

Dispositif historique d'actionnariat salarié, les stock-options continuent d'être utilisées par les entreprises, aux côtés des BSPCE et des actions gratuites. Leur principal atout tient à leur champ d'application : elles sont accessibles aux sociétés qui ne remplissent pas, ou plus, les conditions d'éligibilité aux BSPCE.

Ce guide présente leur fonctionnement, leur coût pour l'entreprise, la fiscalité du bénéficiaire, leurs avantages et leurs limites. La comparaison détaillée avec les deux autres instruments figure dans notre article BSPCE, AGA ou stock-options : le comparatif.

Comment fonctionnent les stock-options ?

Les stock-options, ou options de souscription ou d'achat d'actions, sont régies par les articles L.225-177 à L.225-186 du Code de commerce. Une option de souscription donne droit à des actions nouvelles, émises lors de la levée ; une option d'achat donne droit à des actions existantes, préalablement rachetées par la société.

La vie d'un plan suit quatre étapes :

  • L'autorisation : l'assemblée générale extraordinaire autorise l'opération et fixe le délai, de 38 mois au plus, pendant lequel l'organe compétent peut consentir les options.
  • L'attribution : le conseil d'administration, le directoire ou l'organe désigné par les statuts en SAS désigne les bénéficiaires, fixe le nombre d'options et le prix d'exercice, ainsi que les conditions d'exercice (calendrier d'acquisition, présence, performance).
  • La levée : une fois les options exerçables, le bénéficiaire paie le prix d'exercice et devient actionnaire. Le délai pendant lequel les options peuvent être levées est fixé par l'assemblée.
  • La cession : le bénéficiaire revend ses actions, le cas échéant après une période de conservation prévue par le plan.

Comment est fixé le prix d'exercice ?

Le prix est fixé le jour où les options sont consenties et ne peut plus être modifié ensuite. Dans une société non cotée, il est déterminé selon les méthodes objectives retenues en matière d'évaluation d'actions. Dans une société cotée, il ne peut être inférieur à 80 % de la moyenne des cours des vingt séances de bourse précédant l'attribution.

Qui peut en bénéficier ?

Les salariés de la société et ceux des sociétés qui lui sont liées, ainsi que certains mandataires sociaux : président du conseil d'administration, directeur général, directeurs généraux délégués, membres du directoire et gérant de société en commandite par actions. Les salariés et mandataires détenant plus de 10 % du capital ne peuvent pas recevoir d'options. Pour les options de souscription, le nombre total d'options ouvertes et non encore levées ne peut donner droit à plus du tiers du capital social.

Combien coûtent les stock-options à l'entreprise ?

L'attribution n'entraîne aucun décaissement direct, mais elle est soumise à une contribution patronale spécifique de 30 %. Son assiette est, au choix de l'entreprise, la juste valeur des options telle qu'estimée en comptabilité, ou 25 % de la valeur des actions sous-jacentes à la date d'attribution. Ce choix est irrévocable pour l'exercice.

La contribution est due dès l'attribution, et non à la levée. Elle est toutefois restituable si les conditions de levée ne sont finalement pas remplies. À ce coût s'ajoutent, pour les options de souscription, la dilution des associés existants lors de la levée, à anticiper dans la table de capitalisation.

Comment sont imposées les stock-options pour le salarié ?

Le bénéficiaire peut réaliser trois gains distincts, qui ne relèvent pas du même régime. Les règles ci-dessous concernent les options attribuées depuis le 28 septembre 2012, qui constituent aujourd'hui l'essentiel des plans.

Gain Définition Imposition
Rabais excédentaire Fraction du rabais consenti sur le prix d'exercice qui dépasse 5 % de la valeur de l'action à l'attribution Traitements et salaires, l'année de la levée
Gain de levée Valeur de l'action le jour de la levée, diminuée du prix d'exercice (et du rabais excédentaire déjà imposé) Barème progressif en traitements et salaires, 9,7 % de prélèvements sociaux et contribution salariale de 10 %, l'année de la cession des actions
Plus-value de cession Prix de cession, diminué de la valeur de l'action le jour de la levée Régime des plus-values mobilières de l'article 150-0 A du CGI : prélèvement forfaitaire unique de 31,4 % ou, sur option globale, barème progressif

Exemple chiffré

Un salarié détient 1 000 options au prix d'exercice de 10 €, sans rabais. Il les lève lorsque l'action vaut 25 €, en décaissant 10 000 €, puis revend ses actions à 30 €. Son gain de levée est de 15 000 € : il est ajouté à ses salaires pour le calcul de l'impôt sur le revenu, et supporte 1 455 € de prélèvements sociaux (9,7 %) et 1 500 € de contribution salariale (10 %). Sa plus-value de cession est de 5 000 €, soit 1 570 € au prélèvement forfaitaire unique de 31,4 %.

Les options attribuées avant le 28 septembre 2012 relèvent d'un régime antérieur à taux forfaitaires, lié au respect d'un délai d'indisponibilité de quatre ans. Un simulateur de plus-value permet d'estimer le gain à la revente selon différentes hypothèses de valorisation.

Quels sont les avantages des stock-options ?

Pour l'entreprise

  • Un dispositif ouvert à toutes les sociétés par actions, y compris celles de plus de quinze ans ou dont le capital est largement détenu par des investisseurs, qui ne peuvent pas émettre de BSPCE.
  • Un levier d'attraction et de rétention : le calendrier d'exercice et les conditions de présence ou de performance incitent les talents clés à rester.
  • Une rémunération différée, sans décaissement immédiat hors contribution patronale, qui aligne les intérêts des salariés sur ceux des actionnaires.
  • Un apport en trésorerie pour les options de souscription, le prix d'exercice payé par les bénéficiaires venant augmenter les fonds propres.

Pour le salarié

  • Un gain potentiel significatif si la valeur de l'action progresse au-delà du prix d'exercice.
  • Un risque limité avant la levée : tant que les options ne sont pas levées, le bénéficiaire n'a rien décaissé et peut renoncer à les exercer si la valeur de l'action est inférieure au prix d'exercice.
  • Une association directe à la création de valeur de l'entreprise, à travers une participation au capital.

Quels sont les inconvénients et les risques ?

  • Une fiscalité plus lourde que celle des BSPCE : le gain de levée est imposé au barème des salaires, avec la contribution salariale de 10 %, là où le gain d'exercice des BSPCE bénéficie d'un taux forfaitaire.
  • Un coût employeur : la contribution patronale de 30 % est due dès l'attribution, alors que les BSPCE n'en supportent aucune.
  • Un décaissement pour le salarié : la levée suppose de payer le prix d'exercice, pour des actions qui, dans une société non cotée, ne peuvent pas toujours être revendues rapidement.
  • Un risque de perte de valeur : si la valeur de l'action reste inférieure au prix d'exercice, les options n'ont aucun intérêt économique.
  • Une gestion exigeante : autorisations, calendriers d'exercice, levées et inscriptions au registre des mouvements de titres doivent être suivis rigoureusement.

Quelles alternatives aux stock-options ?

Dispositif Ce qui le distingue des stock-options
BSPCE Aucune contribution patronale et gain d'exercice imposé à taux forfaitaire, mais réservés aux sociétés remplissant des conditions strictes d'éligibilité
Actions gratuites (AGA) Aucun décaissement pour le bénéficiaire et abattement de 50 % sur le gain d'acquisition jusqu'à 300 000 €
Épargne salariale (PEE, PER collectif) Approche collective, ouverte à l'ensemble des salariés, sans lien direct avec la valeur des actions de la société

Le fonctionnement des actions gratuites est détaillé dans notre guide des actions gratuites, et les conditions d'émission des BSPCE dans notre guide de mise en place pour les entreprises.

Questions fréquentes

Une SAS peut-elle attribuer des stock-options ?

Oui. Le dispositif est ouvert à toutes les sociétés par actions, qu'il s'agisse de sociétés anonymes, de sociétés par actions simplifiées ou de sociétés en commandite par actions, cotées ou non. Les SARL en sont exclues.

Quand le gain de levée d'option est-il imposé ?

L'année de la cession des actions issues de la levée. Pour les options attribuées depuis le 28 septembre 2012, il est imposé au barème progressif dans la catégorie des traitements et salaires, et supporte 9,7 % de prélèvements sociaux ainsi qu'une contribution salariale de 10 %. Seul le rabais excédentaire est imposé dès l'année de la levée.

Quelle fiscalité pour la plus-value de cession ?

La plus-value réalisée entre la levée et la revente relève du régime des plus-values mobilières : prélèvement forfaitaire unique de 31,4 %, ou barème progressif sur option globale.

Combien coûtent les stock-options à l'employeur ?

L'entreprise verse une contribution patronale de 30 %, calculée au choix sur la juste valeur des options ou sur 25 % de la valeur des actions sous-jacentes. Elle est due dès l'attribution, mais restituable si les conditions de levée ne sont pas remplies.

Quelle différence entre stock-options et BSPCE ?

Le mécanisme est proche : un droit d'acquérir des actions à un prix fixé à l'avance. Les BSPCE n'entraînent toutefois aucune contribution patronale et leur gain est imposé à taux forfaitaire, mais ils sont réservés aux sociétés immatriculées depuis moins de quinze ans remplissant des conditions de détention du capital. Les stock-options n'ont pas ces restrictions.

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Échanger avec notre équipe

Cet article présente l'état du droit au 8 octobre 2026 à titre d'information générale. La mise en place d'un plan de stock-options suppose l'intervention d'un conseil au regard de la situation propre de la société.

Sources

  • Code de commerce, articles L.225-177 à L.225-186 et R.225-143 — Légifrance
  • Code général des impôts, articles 80 bis, 150-0 A et 200 A — Légifrance
  • Code de la sécurité sociale, articles L.137-13 et L.137-14 — Légifrance
  • impots.gouv.fr, « J'ai des stock-options, comment est imposé le gain de levée d'options ? »
Sophia Chabane
Directrice Juridique et CSM
Directrice juridique et Customer Success Manager chez Uplaw depuis 2019, Sophia accompagne au quotidien les sociétés dans la fiabilisation de leur actionnariat et la tenue de leurs registres légaux. Forte d'une expérience en cabinet et au greffe du Tribunal de commerce de Paris, elle fait le lien entre l'exigence juridique et l'usage concret de la plateforme.

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