Livre blanc 2 sur 3, conformité corporate

Conformité corporate et registres dématérialisés : le guide pratique 2026

Registres obligatoires, bénéficiaires effectifs, nullités, signature électronique : ce qui a changé, ce que vous risquez vraiment, et comment tenir une vie sociale irréprochable sans y passer vos semaines.

Édition octobre 2026, à jour de la loi du 26 mai 2026 de simplification de la vie économiqueRédigé par l’équipe éditoriale Uplaw

Avant de commencer

Entre octobre 2025 et mai 2026, deux réformes ont déplacé le centre de gravité de la conformité corporate. Les nullités pour vice de forme reculent, mais les sanctions liées à la transparence s’alourdissent fortement. Dans les deux cas, ce qui fait la différence est la même chose : la qualité de votre documentation.

200 000 €
amende encourue par le dirigeant pour défaut de déclaration des bénéficiaires effectifs, contre 7 500 € auparavant2
1 M€
amende encourue par la société pour le même manquement2
2 ans
pour agir en nullité d’une décision sociale depuis le 1er octobre 2025, contre 3 ans1
30 jours
pour déclarer toute modification de vos bénéficiaires effectifs3

Par où commencer ?

Vous gérez une ou deux sociétésVous voulez savoir ce qui est obligatoire et ce que vous risquez vraiment.Commencez aux chapitres 1 et 2
Vous gérez un groupe ou un portefeuilleHolding, filiales, family office, cabinet : le volume rend le papier intenable.Allez aux chapitres 3 et 4
Une opération approcheLevée de fonds, cession, LBO : l’acquéreur va tout auditer.Allez directement au chapitre 5

Un auto-diagnostic en douze questions vous attend en fin de guide pour mesurer votre niveau de conformité et identifier vos trois priorités.

Lisez la suite du guide gratuitement

Les cinq chapitres, le calendrier juridique annuel et l’auto-diagnostic en douze questions sont accessibles contre votre email professionnel. Un seul envoi suffit : vous retrouverez le guide complet à chaque visite.

This is some text inside of a div block.
This is some text inside of a div block.

Uplaw utilise vos coordonnées pour vous envoyer ce guide et des contenus liés à la gestion juridique et actionnariale des sociétés. Vous pouvez vous désinscrire à tout moment. En savoir plus dans notre politique de confidentialité.

1

Les risques réels en 2026

À la fin de ce chapitre, vous saurez
  • distinguer les risques théoriques des risques effectifs ;
  • ce que la réforme des nullités a changé pour vos assemblées ;
  • pourquoi le registre des bénéficiaires effectifs est devenu le premier sujet.

Nullités : moins d’annulations automatiques, plus d’exigence de preuve

L’ordonnance du 12 mars 2025, entrée en vigueur le 1er octobre 2025, a réuni dans le Code civil le régime des nullités applicable à toutes les formes de sociétés.1 Deux changements comptent au quotidien :

  • Le triple test. Le juge ne peut annuler une décision sociale que si l’irrégularité porte atteinte aux intérêts du demandeur, a pu influencer le sens de la décision, et si la nullité n’a pas de conséquences excessives pour l’intérêt social (article 1844-12-1 du Code civil).
  • Un délai raccourci. L’action en nullité se prescrit désormais par deux ans, contre trois auparavant.
Ce que cela change pour vousUn procès-verbal mal signé ne fait plus tomber automatiquement vos résolutions. En revanche, le débat se déplace sur la preuve : qui était présent, qui a voté quoi, sur quels documents. Une documentation incomplète vous expose davantage qu’un vice de forme isolé.
Ce que la réforme ne couvre pasAntidater ou modifier un procès-verbal reste un faux en écriture, puni de trois ans d’emprisonnement et de 45 000 € d’amende (article 441-1 du Code pénal). Régulariser après coup, oui ; réécrire l’histoire, jamais.

Bénéficiaires effectifs : le risque qui a le plus augmenté

Toute société non cotée doit déclarer au registre du commerce et des sociétés les personnes physiques qui la contrôlent, notamment celles qui détiennent directement ou indirectement plus de 25 % du capital ou des droits de vote, et mettre cette déclaration à jour dans les 30 jours de tout changement.3

SanctionAvantDepuis le 28 mai 2026
Dirigeant (personne physique)6 mois d’emprisonnement et 7 500 € d’amendeAmende de 200 000 €, sans emprisonnement
Société (personne morale)Amende de 37 500 €Amende de 1 000 000 €
Registre du commerceLe greffier peut radier d’office la société qui ne régularise pas dans les trois mois suivant une mise en demeure.
Sources : loi n° 2026-403 du 26 mai 2026 de simplification de la vie économique, art. 10, modifiant l’article L. 574-5 du Code monétaire et financier.

Registre des mouvements de titres : un risque civil, mais décisif

Le Code de commerce ne prévoit pas d’amende automatique pour un registre des mouvements de titres mal tenu. Le risque est ailleurs : dans une société par actions non cotée, le transfert de propriété résulte de l’inscription des titres au compte de l’acquéreur.4 Sans inscription, la cession n’est opposable ni à la société ni aux tiers. Concrètement, cela se paie lors d’une levée de fonds, d’une cession ou d’un litige entre associés, c’est-à-dire toujours au plus mauvais moment.

À faire cette semaine
  • Vérifier que la déclaration des bénéficiaires effectifs de chaque société reflète la répartition actuelle du capital.
  • Lister les opérations sur titres des trois dernières années et contrôler qu’elles figurent toutes au registre.
  • Identifier les procès-verbaux non signés ou incomplets depuis deux ans.
2

Cartographier vos registres et obligations

À la fin de ce chapitre, vous saurez
  • quels registres chaque forme de société doit tenir ;
  • quels textes les imposent ;
  • comment construire la cartographie d’un groupe.

Les registres obligatoires selon la forme sociale

RegistreSASAS / SASUSARL / EURLTexte de référence
Procès-verbaux des décisions des associésOuiOuiOuiC. com., art. R. 225-106 (SA), L. 227-9 (SAS), R. 223-24 (SARL)
Délibérations et présence du conseilOuiSi les statuts prévoient un conseilNonC. com., partie réglementaire
Mouvements de titresOuiOuiNonC. com., art. L. 228-1 et R. 228-8
Bénéficiaires effectifs (déclaration au RCS)OuiOuiOuiC. mon. fin., art. L. 561-45-1 et s.
Tableau de synthèse simplifié : les statuts et la situation propre de chaque société peuvent ajouter des obligations.

Construire la cartographie d’un groupe

Avec plusieurs entités, la question devient « qui tient quoi, où, et jusqu’à quand ». Une cartographie utile tient sur une page par société et répond à six questions :

  1. forme sociale, siège, date de clôture de l’exercice ;
  2. dirigeants et mandataires, avec la date d’échéance de chaque mandat ;
  3. registres tenus, leur format (papier ou électronique) et leur lieu de conservation ;
  4. table de capitalisation et date de dernière mise à jour ;
  5. bénéficiaires effectifs déclarés et date de dernière déclaration ;
  6. commissaire aux comptes éventuel et échéance de son mandat.

Le bon réflexe : une seule source de vérité. Quand la cap table vit dans un tableur, les registres dans une armoire et les mandats dans la mémoire d’un juriste, les écarts sont inévitables. Ce sont précisément ces écarts que relève un auditeur.

À faire cette semaine
  • Établir la liste exhaustive des entités du groupe, avec leur forme sociale et leur date de clôture.
  • Pour chacune, indiquer où sont conservés ses registres et dans quel format.
  • Repérer les mandats qui arrivent à échéance dans les douze prochains mois.
3

Dématérialiser en restant conforme

À la fin de ce chapitre, vous saurez
  • ce que les textes exigent pour un registre électronique ;
  • quel niveau de signature électronique utiliser ;
  • comment choisir un outil sans vous tromper.

Depuis le décret du 31 octobre 2019, les sociétés civiles et commerciales peuvent tenir leurs registres sous forme électronique et faire signer électroniquement leurs procès-verbaux.5 Le papier n’est donc plus une obligation. Encore faut-il respecter trois exigences.

Une signature avancéeLe décret exige au minimum une signature électronique avancée au sens de l’article 26 du règlement eIDAS : liée au signataire, l’identifiant, sous son contrôle exclusif, et permettant de détecter toute modification ultérieure.
Une date certaineLes procès-verbaux et les inscriptions doivent être datés par un procédé d’horodatage offrant toute garantie de preuve.
Une conservation fiableLe registre doit rester intègre, consultable et exportable dans le temps, avec une traçabilité de chaque accès et de chaque modification.
Vérifiez vos statutsDes statuts qui imposent des registres « cotés et paraphés » ou des feuilles mobiles peuvent faire obstacle à la dématérialisation. Une rédaction générique, renvoyant aux dispositions légales et réglementaires en vigueur pour l’établissement et la conservation des procès-verbaux, évite ce blocage. Dans une SAS, les statuts peuvent par ailleurs organiser d’autres modalités ; à défaut, la signature avancée s’applique.

Dix critères pour choisir un outil

CritèreLa question à poser
SignatureLe niveau avancé (au moins) est-il garanti pour chaque procès-verbal ?
HorodatageChaque inscription reçoit-elle une date certaine, non modifiable ?
ChronologieL’outil empêche-t-il d’insérer une écriture antérieure à la dernière inscrite ?
CohérenceLe registre des mouvements de titres et la table de capitalisation sont-ils liés, ou faut-il les rapprocher à la main ?
Multi-entitésPeut-on gérer toutes les sociétés du groupe et leurs liens capitalistiques ?
ÉchéancesLes mandats, approbations et dépôts font-ils l’objet d’alertes ?
Droits d’accèsPeut-on donner un accès en lecture à un avocat, un auditeur ou un investisseur, et le retirer ?
SécuritéL’éditeur est-il certifié ISO/IEC 27001 ? Où sont hébergées les données ?
RéversibilitéPeut-on exporter l’intégralité des registres et des pièces dans un format lisible ?
Reprise de l’historiqueL’éditeur accompagne-t-il la reprise des registres papier existants ?
Vos échéances, suivies pour vous

Uplaw centralise les mandats, les approbations et les dépôts de toutes vos entités, avec des alertes avant chaque échéance.

Choisir un créneau
À faire cette semaine
  • Relire la clause des statuts relative aux procès-verbaux et aux registres de chaque société.
  • Vérifier le niveau de la signature électronique utilisée pour vos derniers procès-verbaux.
  • Évaluer votre outil actuel avec la grille des dix critères.
4

Planifier votre année juridique

À la fin de ce chapitre, vous saurez
  • quelles échéances annuelles rythment la vie d’une société ;
  • quels événements déclenchent une formalité immédiate ;
  • comment éviter les retards en cascade dans un groupe.

Le calendrier type d’un exercice clos le 31 décembre

  1. Au plus tard le 15 févrierImprimé fiscal unique (IFU 2561) pour les revenus de capitaux mobiliers versés l’année précédente.
  2. Avant le 30 juinApprobation des comptes par les associés, dans les six mois de la clôture, sauf prorogation judiciaire.6
  3. Dans le mois qui suit l’approbationDépôt des comptes au greffe, porté à deux mois en cas de dépôt par voie électronique.6
  4. Avant le 30 septembreMise en paiement des dividendes, au plus tard neuf mois après la clôture.6
  5. Tout au long de l’annéeSuivi des échéances de mandats et préparation des renouvellements à l’assemblée annuelle.

Les événements qui déclenchent une formalité immédiate

ÉvénementÀ faire
Cession, donation ou apport de titresInscription au registre, mise à jour de la cap table et, si un seuil est franchi, des bénéficiaires effectifs
Augmentation ou réduction de capitalProcès-verbal, modification des statuts, formalités, inscriptions au registre
Nomination ou départ d’un dirigeantDécision, formalités, mise à jour des mandats
Changement de contrôleDéclaration modificative des bénéficiaires effectifs dans les 30 jours

Le piège des groupes : les approbations s’enchaînent, la holding consolidant après ses filiales. Un retard dans une filiale décale toute la chaîne : planifiez à rebours depuis la date limite de la société mère.

À faire cette semaine
  • Construire le calendrier de l’année pour chaque entité, à rebours depuis la date limite de la société mère.
  • Désigner un responsable par échéance et par société.
  • Prévoir un point de contrôle trimestriel des formalités en attente.
5

Être prêt pour un audit ou une due diligence

À la fin de ce chapitre, vous saurez
  • ce qu’un acquéreur ou un investisseur va vérifier ;
  • quelles anomalies reviennent le plus souvent ;
  • comment constituer une data room corporate en quelques heures.

Une levée de fonds, une cession ou l’entrée d’un fonds commence presque toujours par un audit juridique. L’objectif de l’auditeur est simple : vérifier que la société est bien celle qu’elle prétend être, que le capital appartient bien à ceux qui le revendiquent, et que les décisions passées ont été valablement prises.

La data room corporate idéale

  • Statuts à jour et historique des modifications
  • Extrait K-bis de moins de trois mois
  • Registre des mouvements de titres complet depuis la constitution
  • Table de capitalisation rapprochée du registre
  • Pacte d’associés et ses avenants
  • Procès-verbaux des assemblées et des organes de direction
  • Plans BSPCE, AGA ou stock-options et leurs règlements
  • Décisions d’attribution et état des caducités
  • Déclaration des bénéficiaires effectifs à jour
  • Liste des mandats et dates d’échéance
  • Comptes approuvés et preuves de dépôt
  • Organigramme juridique du groupe

Les anomalies que l’on retrouve le plus souvent

AnomalieConséquence possible
Cession signée mais jamais inscrite au registrePropriété des titres contestable, cap table erronée
Cap table et registre qui ne concordent pasDoute sur la répartition du capital, retard du closing
Bénéficiaires effectifs non mis à jour après une levéeExposition à l’amende et à la radiation d’office
Procès-verbaux manquants ou non signésValidité des décisions à démontrer, demandes de ratification
Plans d’options sans suivi des caducitésCapital dilué surestimé ou sous-estimé
Mandats expirés non renouvelésPouvoirs des dirigeants à vérifier, actes à sécuriser
Le bon calendrierNe découvrez pas vos anomalies en même temps que l’acquéreur. Une revue interne trois à six mois avant l’opération laisse le temps de régulariser sereinement, quand une régularisation pendant l’audit pèse sur le prix et le calendrier.
À faire cette semaine
  • Vérifier que chacune des douze pièces de la data room existe et est à jour.
  • Rapprocher la table de capitalisation du registre des mouvements de titres.
  • Planifier une revue interne si une opération est envisagée dans les douze mois.

Auto-diagnostic : où en êtes-vous ?

Douze questions pour mesurer votre niveau de conformité. Cochez les affirmations vraies pour votre organisation.

Votre score de conformité
0 / 12

Diagnostic indicatif. Vos réponses restent dans votre navigateur et ne sont envoyées nulle part.

Transformez votre score en plan d’action

30 minutes avec un expert Uplaw pour passer en revue vos réponses et prioriser les régularisations.

Choisir un créneau

Sources

  1. Ordonnance n° 2025-229 du 12 mars 2025 portant réforme du régime des nullités en droit des sociétés, JO du 13 mars 2025, entrée en vigueur le 1er octobre 2025 ; Code civil, articles 1844-10 et suivants, dont l’article 1844-12-1. Légifrance.
  2. Loi n° 2026-403 du 26 mai 2026 de simplification de la vie économique, article 10, modifiant l’article L. 574-5 du Code monétaire et financier, JO du 27 mai 2026. Légifrance.
  3. Code monétaire et financier, articles L. 561-45-1 et suivants et R. 561-55 (obligation de déclaration et de mise à jour des informations relatives aux bénéficiaires effectifs). Légifrance.
  4. Code de commerce, articles L. 228-1 et R. 228-8 (inscription en compte et registre des mouvements de titres). Légifrance.
  5. Décret n° 2019-1118 du 31 octobre 2019 relatif à la dématérialisation des registres, des procès-verbaux et des décisions des sociétés ; règlement (UE) n° 910/2014 du 23 juillet 2014 (eIDAS), article 26 ; Code civil, article 1367. Légifrance, EUR-Lex.
  6. Code de commerce, articles L. 223-26 et L. 225-100 (approbation des comptes), L. 232-21 à L. 232-23 (dépôt des comptes), L. 232-13 (mise en paiement des dividendes). Légifrance.
  7. Code pénal, article 441-1 (faux et usage de faux). Légifrance.

Une vie sociale bien tenue ne se voit pas. Une vie sociale mal tenue se paie toujours au pire moment.

Uplaw est la plateforme française de gestion de l’actionnariat et de la vie juridique des sociétés non cotées, certifiée ISO/IEC 27001.

  • Registres dématérialisés : mouvements de titres, décisions, mandats, avec signature électronique et horodatage.
  • Multi-entités : toutes vos sociétés et filiales, leurs mandats et échéances, dans un même espace.
  • Documents : génération automatisée des actes et base documentaire corporate partagée.
Parlons de votre situation

30 minutes avec un expert Uplaw, sans engagement : nous regardons votre cas et vous repartez avec des priorités claires.

Choisir un créneau

Ce document est fourni à titre d’information générale. Il ne constitue pas un conseil juridique et ne remplace pas l’analyse de votre situation par un professionnel. Les règles citées sont à jour au 12 octobre 2026. © Uplaw SAS, 2026.